Quelques heures avant la release party de son premier album Minuit Sonne, Big City est allé à la rencontre de la rappeuse nantaise Tinaa aux Ateliers de Bitche. Dans ce lieu alternatif nantais, qui met en lumière les artistes émergents, la rappeuse s’apprête à monter sur scène devant une salle comble. Entre excitation, pression et soulagement, elle revient sur la sortie de cet album tant attendu, son lien avec Nantes et son ascension fulgurante.
Ta release party à Nantes affiche complet ce soir. Comment as-tu imaginé ce moment, et dans quel état d’esprit remontes-tu sur scène ?
« C’est un mélange très fort d’émotions. J’ai hâte, évidemment, mais j’ai été un peu surmenée et stressée cette semaine. Tous mes proches seront là, donc il y a une pression supplémentaire. Et puis il y avait cette angoisse liée à la sortie de l’album : il fallait que ça sorte. Maintenant que l’album est en ligne, je me sens soulagée ! »
On a l’impression que tout s’est accéléré depuis ton arrivée à Nantes. Est-ce que la ville et son énergie ont joué un rôle dans ton passage à la vitesse supérieure ?
« Plus que d’accélérer les choses, Nantes, c’est l’endroit où j’ai vraiment commencé la musique. Je le dis souvent aux artistes qui débutent : c’est une ville parfaite pour ça. Il y a énormément d’offres culturelles, beaucoup de cafés-concerts, donc plein d’occasions de se produire. Et en même temps, ce n’est pas immense comme Paris, où l’on peut se perdre parmi des milliers d’artistes. Ici, on peut créer plus facilement des connexions. »
Comment décrirais-tu ton univers et cet album : neuf titres plutôt sombres, traversés par la colère et la nostalgie. Quel message ou quelle émotion principale voulais-tu transmettre ?
« Tout part de mes émotions. Je ne cherche pas à délivrer un message précis ou à faire un projet “à thème”. Parfois, ma colère vient de l’actualité politique, parfois d’un sentiment plus intime. J’écris à partir de ce que je ressens, en me disant que si ça me traverse, ça résonnera forcément chez d’autres. »
Tu vis de la musique depuis deux ans, notamment grâce à ta première place au concours Hip Hop Talents. As-tu parfois l’impression que tout va trop vite, ou au contraire que tu es exactement là où tu dois être ?
« Ça a toujours été très rapide depuis le début. Après mon premier open mic, six mois plus tard, je vendais déjà une heure de concert… alors que je n’avais que trente minutes de répertoire. J’ai dû écrire vite, apprendre vite. Puis ma victoire du concours Hip Hop Talents 2024 a financé mon premier EP. J’ai conscience d’avoir beaucoup de chance. Pour l’instant, je me sens plutôt en phase avec cette accélération. »
L’album Minuit Sonne de Tinaa est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.










